Les Légendes de Saint-Saulge

 

 

Si la ville de Saint-Saulge est réputée grâce à ses hommes célèbres, elle l'est encore plus par ses "Légendes".

Jérôme Deparis nous apprend dans sa chronique l'origine de ces légendes :
Les contes, pour rire, des gens de Saint-Saulge, viennent - selon nos anciens - de la princesse Marie de Nevers ( début XVIIème siècle ). Elle lâcha contre quelques-uns de nos habitants quelques plaisanteries qui furent relevées plus qu'elle n'aurait voulu et, depuis, suivies de toutes ces pauvretés qui divertissent les fous et font pitié aux sages.


La paternité de la légende de Saint-Saulge peut aussi être partiellement attribuée à Lazare Depardieu, Procureur du Roi. C'était un homme naïf et ingénu qui donna lieu ou occasion à bien des contes de Saint-Saulge. Comme il vécut plus d'un siècle, il eut le temps d'en grossir le répertoire. Gens d'esprit, les Saint-Saulgeois accueillent avec le sourire toutes ces légendes importées de toutes les régions de France, qui sont venues s'ajouter à celles "bien de chez nous".

Si les Légendes répandent à profusion la proverbiale et légendaire réputation de "naïveté" de certains, elles attestent aussi "l'esprit vif et pétillant" de ceux qui, les premiers, ont recueilli ces légendes, puis les ont contés, en les enjolivant à l'envi de savoureux détails.


Le Docteur Abbé Marillier, dans un ouvrage qui fait autorité, consacré à Dom Delaveyne, rétablit en effet la vérité en ces termes :

"La vérité est que, dès le XVII ème siècle, la liste des hommes remarquables auxquels cette ville avait donné le jour, était longue et respectable.

La vérité est que, non seulement les enfants de Saint-Saulge parvenus à la célébrité plaidaient avec éloquence la cause de l'honneur de leur pays, mais que ses écoliers eux-mêmes la soutenaient ordinairement de l'éclat de leurs succès dans leurs études : "les régents des collèges", dit Jérôme Deparis, ont rendu ce témoignage aux esprits de Saint-Saulge qu'ils n'en trouvaient pas de meilleurs ni de plus excellents.

La vérité est que l'on reste en admiration devant ces types si abondants et si variés de verve littéraire, poétique et gauloise que nous révèlent, au milieu du XVII ème, les mémoires de Jérôme Deparis.

La vérité est que l'esprit était vif et pétillant en ce pays où se distribuaient si librement les sobriquets les plus originaux, où enfin, l'on échangeait aussi facilement les calembours que les coups d'épée.

En vérité ce n'était pas une ville d'ingénus que celle où l'on voyait des commerçants et des ouvriers disserter sur l'histoire de France et d'autres matières littéraires, des gens de conditions diverses s'essayer à l'art des vers français et à la composition des Noëls.

En vérité ce n'était pas un pays de naïfs que celui qui, à l'heure même où l'on s'égayait à ses frais, comptait parmi ses enfants tant de prêtes, religieux, missionnaires, soldats, notaires, officiers de justice, artisans, négociants, qui donnaient de belles preuves de leur esprit."

Ce que l’on peut assurer, en tous les cas, c’est qu’effectivement, ces cartes postales des "Légendes de Saint-Saulge" ont connu une époque prospère et faisaient vivre une, ou même des imprimeries entre Loire et Canal du Nivernais.

La diffusion de ces cartes n’était pas confidentielle puisqu’on en trouvait dans les bonnes maisons, comme on dit, et en particulier chez les commerçants de toute la région. Ceux-ci ne s’en plaignaient sûrement pas en considérant qu’après tout, ce supplément d’édition à support humoristique allait dans le bon sens de leur chiffre d’affaires.

(Sources Bernard Duquesne et André Devallière)

Depuis 2014, une promenade vidéoguidée permet de découvrir Saint-Saulge et ses Légendes, soit sur son téléphone avec l'application iONO, soit sur une des tablettes disponibles au Syndicat d'Initiative