LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ...
la devise qui manquait

La devise républicaine est désormais bel et bien acrochée au fronton de la mairie.

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Le vendredi 3 juillet la devise républicaine enfin apposée au fronton de la mairie a été inaugurée en présence de Christian Paul, Député, Anne Emery-Dumas Sénatrice, de Bernadette Larivé-Bruandet et Jean-Luc Gauthier, Conseillers départementaux, des Maires du Cœur du Nivernais et du chef lieu de canton, Guérigny. Nombre de nos concitoyens étaient venus participer à cet évènement et les élèves de l'école et du collège ont  partagé ce moment d'union républicaine. Les anciens combattants étaient eux aussi représentés, toujours actifs lors des manifestations républicaines qui rappellent les valeurs de la France qu'ils défendent toujours et encore.

Les élus de la municipalité étaient tous présents ou s'étaient excusés pour causes professionnelles. Le Maire Christian Bulin et les adjoints arboraient, pour cette cérémonie républicaine très exceptionnelle, leur écharpe tricolore.

L'alerte orange canicule étant en vigueur, la cérémonie s'est déroulée sous la relative fraicheur des arbres de la promenade du Clos.

A haute et claire voix, les enfants du CM2 ont remémoré à tous l'histoire et le texte du poème de Paul Éluard : "Liberté" qui se termine ainsi : 

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer : Liberté.

Puis le Maire, Christian Bulin a rappelé la démarche qui a conduit le conseil municipal à réparer l'oubli, plus que bicentenaire, de la devise républicaine sur le fronton de la mairie. 

Bernadette Larivé a ensuite, au nom du Conseil Départemental exprimé son soutien à cette initiative communale et sa satisfaction devant cette cérémonie tellement importante et si bien soutenue par la jeunesse du Cœur du Nivernais.

La Sénatrice Anne Emery Dumas s'est elle aussi félicitée de cette cérémonie et a tenu à préciser que l'on pourrait aujourd'hui également ajouter Laïcité à cette devise qui soude l'ensemble des Français autour des valeurs communes qui font de la France la nation qui est la nôtre.

Le Député Christian Paul a cloturé ces discours, rappelant, la nécessité de sans cesse défendre ces valeurs, chaque jour remises en cause,  et qui aujourd'hui encore, plus de deux cents ans après la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ne sont pas évidentes pour l'ensemble de l'humanité. 

Puis, réellement investi dans cette leçon grandeur nature d'éducation civique républicaine, chacun des élèves de CM2 et de 6ème a donné une définition de ce que représente pour lui les termes de Liberté, d'Egalité, de Fraternité mais aussi de Laïcité... ce fut un grand moment de leçon républicaine ! Demain, ces valeurs essentielles seront bien défendues à n'en pas douter !

Enfin les enfants ont entonné la Marseillaise (2 couplets!) reprise en chœur par l'assistance, devant les portes-drapeaux au garde-à-vous. 

L'assistance s'est ensuite rendue devant l'Hôtel de Ville où le maire a coupé le ruban bleu blanc rouge qui avait été installé sous la devise républicaine. Chacun des enfants est reparti avecun morceau du ruban afin qu'il n'oublie jamais cette cérémonie et les valeurs importantes qu'elle a portées. 

Le Ruban étant coupé, tous ont rejoint la salle des fêtes, pavoisée par les dessins spécialement réalisés pour l'occasion par les écoliers et les collégiens, et où a eu lieu la remise des dictionnaires aux élèves de CM2 qui quittaient ce jour l'école primaire pour entrer au collège.

Extraits du discours du Maire, Christian Bulin

"Mesdames, messieurs,


Le 14 juillet, la France célèbre sa fête nationale. Le 14 juillet 1789, le peuple de Paris prenait la prison de la Bastille symbole de tous les arbitraires, de toutes les oppressions et de toutes les iniquités. Cet événement annonçait la fin d’un régime, le régime monarchique et l’avènement d’un autre, le régime républicain, dont la devise, devenue officielle en 1848 et inscrite  par la loi sur les frontons des édifices publics en 1880, tient en trois mots essentiels pour nous tous : "Liberté, Egalité, Fraternité." Il semble que notre maison commune ait échappé à cette loi pourtant applicable à l'époque dans toute la France.

Lorsque je prononçais ces trois mots à l'occasion de la célébration du 14 juillet, subrepticement les têtes se tournaient vers la façade de l’hôtel de ville puis se replaçaient accompagnées d’une moue dubitative, après une vaine recherche. C’est ainsi que vint le besoin de fixer sur le fronton de notre mairie ces trois mots «Liberté, Égalité, Fraternité »


Il n’existe pas de référence plus précieuse que ces trois valeurs, universelles et indissociables.

Liberté
En France, pour les générations d’aujourd’hui, la liberté va de soi. 
Il est cependant bon de rappeler qu’elle n’est pas un cadeau tombé du ciel, mais bien le résultat d’une volonté commune de ses habitants. L’histoire de la révolution française elle-même, l’histoire du siècle passé et son cortège d’horreurs nous ont donné et continuent à nous donner la preuve que le progrès que célébrait le siècle des lumières est encore une idée neuve en Europe et dans le monde. Plus que jamais l’expérience nous invite, individuellement et collectivement, à la plus extrême vigilance, à la plus grande lucidité et à la plus grande humilité face aux déviations possibles. 

Les événements que nous avons vécus en janvier dernier sont là pour nous rappeler que sans cesse les valeurs de la République doivent être rappelées, d’aucuns cherchant à les menacer par tous les moyens.

Égalité
La déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, sur laquelle s'appuie la Constitution française, définit ainsi l'égalité : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » (article premier)
Ainsi, le mot « égalité » signifie que la loi doit être la même pour tous, sans distinction de naissance ou de condition. L'égalité est un principe du droit selon lequel le législateur a le devoir d'assurer l'égalité des droits entre citoyens.
Cette égalité devant la loi est aujourd'hui encore un combat et nécessite notre vigilance à tous sur les lois et leur application.
Jean de la Fontaine, dans "Les animaux malades de la peste" concluait sa fable par "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir".... Aujourd'hui encore, cet adage s'applique malheureusement encore trop souvent, même sur notre territoire.

Fraternité
A elle seule, la fraternité ne suffit pas à constituer une communauté politique. Dans ses formes extrêmes elle se traduit même par le rejet radical de la citoyenneté ou de la nationalité et induit des replis communautaires autour d’une même idéologie ou d’une même religion. Pourtant, sans la fraternité qui leur donne leur humanité en révélant leur fragilité essentielle commune, la liberté et l’égalité ne suffisent pas non plus à établir la citoyenneté. Ce n’est pas un hasard si la fraternité ne s’éprouve souvent que dans les moments les plus tragiques.

Aujourd’hui, alors que subsistent encore tant d’injustices, de guerres et de souffrances, nombreux sont ceux qui, à travers le monde, aspirent à la renaissance des droits fondamentaux des Hommes énoncés en 1789. L’histoire récente, notamment autour du bassin Méditerranéen, n’en est qu’une illustration, mais avec quels résultats...
C’est notre fierté et notre devoir que de rester fidèles aux valeurs d’égale citoyenneté, de fraternité et de tolérance."

 

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