Un peu d'histoire


Carte de Cassini en couleur (feuilles gravées et aquarellées),
issue de l’exemplaire dit de « Marie-Antoinette » du XVIIIe siècle.

 

Le plus ancien témoignage laissé est le menhir du Bourras, situé sur la route menant à NEVERS (D188). Il s'agit d'un bloc ovoïde, véritable pierre dressée par l'homme. Cette pierre imposante (3 m de haut et 2 m de large), prouve la présence de nos très lointains ancêtres des âges préhistoriques.


Une Charte, datée du 8 août 908 signée par Charles III le simple, est la trace écrite la plus ancienne connue sur la localité.


Avant l'occupation romaine, SAINT-SAULGE n'était qu'un vaste marécage s'étendant de la partie nord du bourg actuel jusqu'au-delà de l'étang de Ranceau; bordé de forêts à l'ouest et à l'est vers le Morvan.


Les civilisations romaines, puis gallo-romaines, transformèrent lentement les habitants des bords du marais en petits paysans. Les huttes de branchages deviennent des maisons d'argile puis de pierres, recouvertes de chaumes. Mais ces nouveaux paysans restèrent toujours en petit nombre, l'endroit n'étant guère propice à une extension démographique. Les années passent, les maigres cultures font reculer la forêt. Un jour, un groupe de chrétiens, fuyant les batailles, amena avec lui les restes d'un pauvre moine, pieusement et miraculeusement conservés. Il s'appelait Salvius : SAINT-SAULGE prit son nom quelques temps après. Les nouveaux arrivants et les natifs du lieu formèrent une petite communauté et construisirent un petit oratoire. Le culte de SAINT-SAULGE commença.


Au VIIème siècle, des moines de l'abbaye de SAINT-MARTIN d'Autun apprécient l'endroit pour sa discrétion : ils décidèrent donc d'y installer une petite communauté religieuse. L'oratoire devient prieuré qu'il nomment SAINT-MARTIN, en rapport à leur origine. SAINT-SAULGE devient alors SAINT-MARTIN DE LA VIGNE grâce au développement de la culture viticole.


En 762, la guerre fait rage entre les comtes de Bourges et d'Auvergne contre Pépin le Bref, roi des Francs. Les habitants ont fui, emmenant biens, bêtes et surtout les présieuses reliques. Quelques semaines plus tard, les saint-saulgeois réintègrent leurs maisons et réinstallèrent les reliques dans l'oratoire. Ils élevèrent au-dessus une première chapelle. Les habitants n'ayant plus de pasteurs, suite au départ de leurs religieux, ils s'adressent à l'autorité religieuse la plus proche : l'évêque de Nevers. Un prêtre s'installe alors dans les locaux du prieuré et fonde la paroisse.


Au Xème siècle, l'activité des moines avec leurs relations extérieures, va favoriser l'importation des métiers de l'artisant et du commerce ; le village va devenir une bourgade rurale pleine de vie.


Au XIème siècle, les bénédictins ajoutent à l'ancienne chapelle SAINT-MARTIN une église romane comportant une nef et peut-être déjà les bas-côté : l'art roman est à son apogée.


En 862, les seigneurs construisent des châteaux pour résister aux nombreux envahisseurs de l'époque. Le château de SAINT-SAULGE devait se trouver sur une butte ou un massif rocheux : autour du château une palissade, des fossés pleins d'eau, protégeaient quelques constructions en bois. Nous pensons qu'il se trouvait en haut de la rue Marceau, à gauche près de ce qui fut la porte de Nevers. Les fortifications en pierres n'ont vu le jour qu'au règne de Charles VII.


En 1437, SAINT-SAULGE, prieuré bénédictin, paroisse et châtellenie, s'est considérablement développé. Devenu un gros centre commercial et artisanal, les faubourgs et hameaux se multiplient. Les habitants font fortifier les bourg avec l'aide du comte de Nevers, avec l'accord du roi Charles VII. SAINT-SAULGE devient un centre de foires très important.


En 1715, Jérôme DEPARIS, curé de SAINT-SAULGE, nous décrit les murailles qui se situaient rue de la marchée, rue du champ de foire, rue Pasteur. Trois entrées fortifiées trouaient la muraille : la porte de Châtillon (place dom De Laveyne), la porte de Crux (faubourg de Crux), la porte de Nevers (près du château, rue du champ de foire). A l'intérieur de l'enceinte, il y avait de nombreuses tourelles, certaines sont encore visible.


Au Moyen-Age, il y avait un couvre-feu. Les habitants avaient alors développé un réseau complet de caves communiquant entre elles. Les plus intéressantes sont celles en dessous du magasin Casino et celle près de la maison du catéchisme, qui fut, autrefois, la cave des moines prieuré.


En 1715, Jérôme DEPARIS nous dit que SAINT-SAULGE comptait 800 feux, soit au moins 2500 habitants. A la moitié du XIXème siècle, il dépassera officiellement ce chiffre et aujourd'hui, SAINT-SAULGE ne compte plus environ que 900 SAINT-SAULGEOISES et SAINT-SAULGEOIS .

 

Un ouvrage très complet de Jean-Marie Deguilloux édité en 2013 retrace l'histoire de Saint-Saulge et donne les premières bases pour ceux qui voudraient approfondir l'histoire du bourg.