Inauguration de la place Ambroise CROIZAT

 

Le 7 février 2015 à été inaugurée à Saint-Saulge la place Ambroise Croizat, située devant l'EHPAD du Clos.

Cette cérémonie s'est tenue en présence de M. Christian Bulin, maire de Saint-Saulge, Mme Liliane CAILLAUD et son fils Pierre Caillaud (fille et petit-fils d'Ambroise Croizat), Mme la Sénatrice, Mme Anne EMERY DUMAS, M. Stéphane BENEDITE Député suppléant de Christian PAUL, Mme Bernadette LARIVÉ, Conseiller Général, Présidente de la Communauté de communes Cœur du Nivernais, Monsieur Bernard LAMIRAND président du comité d’honneur A Croizat et de plusieurs Maires et conseillers municipaux du canton.


Tour à tour, Christian Bulin, Liliane Caillaud, Pierre Caillaud, Bernard Lamirand, et Stéphane Bénédite ont pris la parole à la mairie.


Retour sur la vie d'Ambroise Croizat, la vie d'un homme de convictions:

(extraits du discours de Christian Bulin)


Ambroise CROIZAT naquit le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie). Son père était ouvrier ferblantier. Ambroise CROIZAT quitta l'école primaire à douze ans. Il commença à travailler, en qualité de manœuvre. À la déclaration de la guerre il avait alors treize ans. En 1916, il est embauché dans une usine d'orthopédie, réussit à se spécialiser par ses propres moyens et devient ainsi ajusteur-outilleur. La vie était très difficile, il ne recevait que des salaires très bas. Il effectuera son service militaire d’avril 1921 à mai 1923.


La première partie de sa vie sera marquée par un engagement syndical à la CGT et aussi un engagement politique au parti communiste qui lui valurent plusieurs licenciements tant et si bien qu’en 1923, repéré par les patrons il lui était difficile de trouver à s’embaucher. On retrouve cet engagement chez tous ces militants du mouvement ouvrier de l’époque . Ministre du travail, il disait un jour : « J’entends demeurer fidèle à mon origine, à ma formation, à mes attaches ouvrières et mettre mon expérience au service de la nation ». Sa vie entière il restera fidèle à ce programme.


Puis arrive 1936 : c’est la naissance de sa fille Liliane, toujours fidèle habitante de Saint-Saulge et présente ce jour et qui ne se départit jamais de son extrême gentillesse.


En 1936 il est alors secrétaire général de l’union fédérale unique des métallurgistes rattachée à la CGT (c’est l’unité syndicale). En avril il se présente dans la deuxième circonscription du XIVe arrondissement de Paris (quartier plaisance) et emporte le siège. Inscrit au groupe communiste, il prend une part active à l’élaboration des grandes lois du front populaire (les 40 heures, les congés payés, les délégués du personnel) comme membre de la commission spéciale constituée à cet effet.
En octobre 1939 il sera arrêté puis condamné et destitué. Jusqu’en février 1943 il connaîtra les prisons en France et enfin la prison d’Alger. Il sera réhabilité et, jusqu’à la fin de la guerre, il prendra part à la lutte clandestine contre le gouvernement de Vichy. Il sera membre de l’assemblée consultative provisoire et travaillera aux réformes de l’état en tant que membre de nombreuses commissions. Il prend la présidence de la commission des affaires économiques et sociales et travaille tout particulièrement durant cette période à l’organisation de la Sécurité Sociale.


Ambroise Croizat restera député jusqu’à son décès en Janvier 1951. Il sera ministre de novembre 1945 à mai 1947 d’abord avec le général de Gaulle puis après avec différents Présidents du Conseil.
Le nom d'Ambroise Croizat resta lié aux trois lois organisant la Sécurité sociale, adoptées par le parlement en 1947 (proposition de loi relative à l'organisation administrative de la Sécurité sociale, proposition de résolution concernant les élections aux conseils d'administration des caisses de sécurité sociale et d'allocations familiales, projet de loi relatif au régime de sécurité sociale des fonctionnaires). Un travail immense - Mais, son œuvre concerna également : les congés payés des jeunes travailleurs, le régime des prestations familiales, l'aide aux économiquement faibles, l'égalité des salaires entre hommes et femmes, la rémunération des heures supplémentaires.


Le 13 Janvier 1951 sa mort soudaine à l'âge de cinquante ans provoqua une vive émotion dans les milieux communistes. La CGT et le PCF lui organisèrent des funérailles grandioses au Père Lachaise.

Mais pourquoi cette place à Saint-Saulge ?


Deux familles Saint-Saulgeoise les Quantais et les Guérins habitants le XIVe arrondissement fréquentaient M. et Mme Croizat et en 1947 ils les invitèrent à St Saulge. Le village leur plut et en 1949 M. et Mme Croizat faisaient l’acquisition d’une petite maison située à l’angle de la rue Sainte Catherine et du faubourg de Châtillon. Malheureusement M. Croizat n’en profitera pas longtemps. Et c'est ainsi que nombre de Saint-Saulgeois habitèrent à côté de la maison d’un ministre du Général de Gaulle.
Suite à la proposition du Maire, Christian Bulin au conseil municipal de SAINT-SAULGE une place a été choisie pour marquer le passage de M. Croizat dans notre commune. Un lieu tout à fait symbolique puisqu’elle se situe face à l’EHPAD et proche du cabinet des kinésithérapeutes en construction.